Présentation Mythes & Questions
 
Mythes et questions

Mythes et questions fréquentes concernant l'abus sexuel commis envers les garçons.
Les garçons peuvent-ils être victimes d'abus sexuel ?
Selon certaines sources, plus d'un garçon sur 6 a connu une situation d'abus sexuel au cours de son enfance ou de son adolescence (L'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal estime que 8 % à 10 % des garçons auraient été victimes d'abus sexuel avant l'âge de 18 ans).

À travers le processus de socialisation masculine, nous en venons à croire que nous, hommes, devons être forts, voire invulnérables, face à tous les événements de la vie. Nous croyons que nous pouvons nous défendre contre tout le mal qui peut nous être fait.

Mais nous oublions que nous avons été des enfants et comme tels, nous étions plus faibles et vulnérables que notre (ou nos) abuseur(s). Étant enfants, nous n'avions pas les moyens de nous défendre contre cet (ou ces) adulte(s).

Subjugués par l'autorité et le pouvoir que l'abuseur exerçait sur nous, nous avons été entraînés dans la situation d'abus par des mensonges et des manipulations quand ce n'était pas carrément par des menaces. L'abuseur a tout fait pour nous soumettre et nous utiliser à ses propres fins sexuelles.

Les abuseurs des garçons sont-ils tous homosexuels ?
Les abuseurs d'enfants sont des pédophiles. Les pédophiles qui abusent des garçons ne font pas preuve ainsi d'une orientation homosexuelle pas plus que les pédophiles qui abusent des jeunes filles ne font preuve d'une orientation hétérosexuelle. Bien qu'il existe des pédophiles qui ont des préférences quant au sexe et à l'âge de leur(s) victime(s), la grande majorité des pédophiles qui abusent des garçons sont d'orientation hétérosexuelle et non homosexuelle.
J'ai éprouvé une excitation sexuelle et même un orgasme pendant l'abus. Cela signifie-t-il que j'étais consentant et que j'y ai pris plaisir ?
En fait, il est possible pour un garçon et un adolescent d'avoir une érection lors de la stimulation de ses parties génitales, même dans une situation d'abus. C'est d'ailleurs ce qui amènera l'abuseur à dire que l'enfant aura souhaité et aimé la relation sexuelle et il l'enfermera ainsi dans le silence. Beaucoup de garçons ou d'adolescents abusés sortent de l'abus avec un énorme sentiment de culpabilité et de honte parce qu'ils croient avoir participé de plein gré à la situation d'abus à cause de leur réaction physique. Mais peu importe la nature de la stimulation sexuelle ressentie (visuelle, auditive ou tactile), cela ne signifie pas que l'enfant était consentant au moment de l'expérience ou même qu'il comprenait ce qu'il vivait.
Les garçons sont-ils moins traumatisés que les filles suite à des abus ?
Les conséquences d'un abus sexuel sont toujours graves et persistantes, quel que soit le sexe de la victime. Les enfants de sexe masculin sont donc très affectés par le traumatisme sexuel auquel viennent s'ajouter le refus et la résistance de la société à reconnaître leur victimisation et l'isolement et le silence auxquels ils sont alors confinés.
Garçon, j'ai été abusé par un homme. Suis-je ou vais-je devenir homosexuel ?
Plusieurs théories tentent d'expliquer le développement des diverses orientations sexuelles, mais les experts en sexualité humaine ne croient pas que l'expérience sexuelle prématurée puisse jouer un rôle significatif dans la détermination de l'orientation sexuelle de l'adolescent ou de l'adulte. L'orientation sexuelle d'une personne est une réalité complexe et aucune théorie ne parvient à expliquer de manière satisfaisante ce qui amène une personne à se définir homosexuelle, hétérosexuelle ou bisexuelle. Ce qui est certain cependant, c'est que l'expérience sexuelle prématurée initiée par un homme ou une femme adulte entraîne de la confusion dans l'identité et l'orientation sexuelles chez l'enfant qui la subit.

Plusieurs garçons qui ont été victimes d'abus sexuel croient à tort qu'ils ont quelque chose en eux qui ont attiré les hommes qui les ont abusés et qu'ils doivent donc ainsi être homosexuels ou efféminés. Mais c'est faux. Les pédophiles qui sont attirés par les garçons affirment que certaines caractéristiques du corps de l'enfant (absence des poils et des attributs sexuels adultes) les excitent. En fait, les pédophiles s'avèrent incapables de s'engager et de maintenir une relation sexuelle saine avec un autre adulte, c'est cela le problème et non les caractéristiques du corps du garçon.

Si j'ai été abusé, vais-je devenir abuseur à mon tour ?
Voilà un mythe bien répandu dans la société et il peut causer beaucoup de préjudices à l'homme abusé sexuellement car il sera traité davantage comme un abuseur potentiel plutôt qu'en victime ayant besoin d'aide.

Alors qu'il est vrai que la plupart des abuseurs ont un passé personnel d'abus sexuel dans leur enfance, il n'est pas vrai de dire que tous les hommes abusés commettront à leur tour des abus sur des enfants. Une autre recherche a mis en évidence une différence importante entre les hommes abusés sexuellement qui deviennent des abuseurs à leur tour et ceux qui ne le deviennent pas : ceux qui ne commettent pas d'abus ont pu parler de l'abus qu'ils ont subi, ont été crus et ont reçu du soutien de personnes significatives dans leur entourage. Enfin, une autre étude a révélé que les hommes abusés qui commettent des abus s'identifient davantage aux stéréotypes masculins liés au pouvoir et au contrôle que les hommes abusés qui ne commettent pas d'abus.

La majorité des hommes abusés ne deviennent pas des abuseurs au cours de leur adolescence ou de l'âge adulte. D'autre part, il semble que ceux qui en commettent au cours de leur adolescence ont moins de risque d'en commettre à l'âge adulte s'ils reçoivent une aide adéquate alors qu'ils sont encore jeunes.

Si j'ai été abusé par une femme, est-ce que je ne devrais pas me considérer chanceux de cette initiation précoce à la sexualité hétérosexuelle ?
En fait, toute relation sexuelle prématurée ou forcée perpétrée par une mère, une tante, une soeur plus âgée, une grand-mère, une gardienne ou par toute autre femme en position de pouvoir par rapport au jeune garçon résulte, au mieux, en de la confusion chez ce dernier ou encore, dans des conditions plus extrêmes, entraîne des sentiments de rage, de dépression ou en d'autres problèmes. Avoir été utilisé comme un objet sexuel par une personne en position de pouvoir par rapport à soi, qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme, est toujours un acte abusif et souvent dommageable. Ainsi, de la même manière, si je me découvre d'orientation homosexuelle et que j'ai été abusé sexuellement par un homme alors que j'étais enfant ou adolescent, cela ne peut être non plus conçu comme une initiation sexuelle souhaitable.
En conclusion
Tant que les hommes abusés sexuellement dans leur enfance ou leur adolescence ne connaîtront pas eux-mêmes les vraies réponses à ces questions :
  • ils ressentiront de la culpabilité et de la honte.
  • ils entretiendront le sentiment d'avoir été responsables d'une manière ou d'une autre de ce qui leur est arrivé. Mais la réalité est que l'enfant n'est jamais responsable d'une relation sexuelle même si l'abuseur est habile à lui faire porter cette responsabilité qui incombe toujours à l'abuseur et que lui seul doit porter.

Tant que les vraies réponses à ces questions ne seront pas partagées par l'ensemble de la société :

  • les garçons abusés sexuellement dans leur enfance ne seront pas crus et ne seront pas susceptibles de recevoir l'aide dont ils ont besoin.
  • certains hommes abusés sexuellement perpétueront le cycle de la souffrance en commettant à leur tour des abus.

Pour tout homme qui a été victime d'abus sexuel dans son enfance ou dans son adolescence, la connaissance de ces vraies réponses est une partie essentielle du processus de son rétablissement.